La pop noire bruxelloise, c’est un groupe : A boy with a beard


MPK: Pourquoi avoir choisi le Dillens comme point de rendez-vous ? C’est un lieu où tu viens souvent ? Qu’est-ce qui te plaît ici ?

C’est un peu devenu mon QG en fait. Au début, j’y allais pour prendre mon p’tit café du matin et me reposer l’esprit après avoir déposée ma fille à la crèche. Et puis, on a pris l’habitude avec le groupe de nous réunir ici. Je trouve le cadre apaisant et puis, c’est un lieu convivial et vivifiant. C’est aussi un endroit  de Saint Gilles que j’apprécie en termes de déco pour son côté brut, chaleureux et accueillant.

MPK: Qu’est-ce que tu peux me dire de toi ? Tu es né à Bruxelles ?

Je suis né juste à côté, à Berchem-Sainte-Agathe de parents belgo-roumains. J’ai grandi à Jette et j’ai une sœur Ecaterina, qui est créatrice d’oeuvre radiophonique.

Sinon, je suis venu m’installer à Saint Gilles, il y a quelques années pour emménager avec ma compagne Tania d’origine équatorienne et qui vivait déjà là. J’ai un profond attachement pour la commune, et j’aime l’ambiance qui y règne, cette atmosphère de village, sa mixité, même si toutes les communautés ne se mélangent pas toujours.

Tu as toujours voulu faire de la musique ?

J’ai toujours joué, oui. Par contre, je ne voulais pas en faire mon métier. A la base, je voulais faire des films. Et, c’est dans cette optique que j’ai choisi de rejoindre une section photo à l’INRACI. Comme j’étais nul à l’école, cela m’a permis de trouver une motivation. Du coup, je suis devenu photographe.

Quelques années plus tard, je suis revenu à des projets musicaux, mais je n’ai pas renoncé à faire des films pour autant, ni à la photo d’ailleurs … j’anime régulièrement des ateliers de photographie à Berchem et Saint Gilles avec l’association que j’ai créée, l’absl paprika.

MPK: Qu’est-ce que la photo apporte au groupe  « a boy with a beard » ?

Elle apporte une ambiance sur les jeux de lumière de mise en sccèné; d’ailleurs, le groupe est l’émanation d’un projet sonore et viuel que je voulais mettre en place. C’est de là que le groupe est né.

MPK: Groupe qui à la base était SOLO ! Pourquoi avoir changé d’orientation ?

Parce que je n’étais pas bon musicien … (rires). Plus sérieusement,  le projet nécessitait un coup de pouce côté habillage musical. J’avais réalisé des maquettes et je me suis très vite rendu compte que j’avais besoin de musiciens pour m’accompagner.

En effet, je n’étais pas capable de jouer tous les instruments qu’il fallait reproduire depuis les maquettes qui me plaisaient.

MPK: Qu’est-ce que cela a apporté à ta musique ?  Et qu’est-ce qui a fait que ca a matché tout de suite entre vous ?

Aujourd’hui, c’est un projet qui est véritablement central pour eux comme pour moi, même si on bosse à côté. Nous avons tissé des liens forts. On se voit très souvent, plusieurs fois par semaine, nos vies artistiques se mélangeant à nos vies privées.

Et puis, ce groupe a quelque chose de symbolique. Nous nous sommes rencontrés à des moments clés de nos vies. Je cherchais des musiciens, ils cherchaient un nouveau projet. Et puis, le groupe est né en même temps que ma fille Mia. Alors hasard ou coïncidence, c’est forcément marquant.

MPK: Justement la famille, que pense-t-elle de cette aventure?

Pour ma mère, c’est la consécration. Je garde souvent en mémoire, avec un regard ému, le jour où elle m’a appelé pour me dire que j’étais passé à vivacité. Sinon, ma compagne et ma fille sont ravies évidemment, enthousiastes et participent pleinement à l’expérience. 

MPK: Le 23 novembre dernier, «  a boy with a beard » sortait son 1er album. Un an après, quel regard portes-tu sur cette aventure ?

On a appris, on a grandi, on apprend à anticiper, on se professionnalise. On sait ce qu’on a fait de bien et de moins bien. Là, on commence à travailler à la réalisation de notre deuxième album, et « figure-toi qu’on fait des retroplanning, de vrais pros, quoi ! C’est du sérieux ! » (Rires).

MPK: Et le public dans tout ça ? Quel message veux-tu transmettre ?

Nous avons eu un très bon accueil que ce soit en concert, ou lors de festival, et ils nous motivent à écrire le deuxième album.  Si j’avais une chose à leur dire c’est que nous sommes des gens simples, naturels, vrais, et que notre musique est à notre image.

C’est un cocon, on la vit, elle est rassurante, chaleureuse. Et j’aime bien l’idée que le public puisse entrer dans cette bulle. C’est important pour moi.

MPK: On dit souvent de ta musique qu’elle est « pop » et qu’elle est « noire »  …  c’est quoi au juste de la pop noire ? J’ai un peu de mal à saisir le concept pour tout te dire.

Pour faire simple, c’est le contraste entre le côté chatoyant et souriant de la pop et le noir de nos paroles.

C’est une connaissance fan qui me l’a soufflé après avoir regardé la première saison de « True detective » dont le générique est défini comme étant de la pop noire. C’est en fait, un savant mélange de musique « folk, indie, country, morriconienne ». 

Elle a trouvé que ce terme définissait notre musique et particulièrement l’un de nos titres « the devil’s coming in ». On a trouvé cela très évocateur effectivement de ce qu’on jouait, et du coup on l’a gardé.

MPK: En parlant de mystère, penchons-nous un peu sur « A boy with a beard ». Que devons-nous comprendre ? Que tu es resté un grand enfant ?  ou que derrière l’homme, l’enfant dormait ? Tu peux nous en dire plus ?

Tu vas dire que ma fille a été inspirante dans l’histoire, mais il y a un peu de ça, en effet. En somme, avec la naissance de Mia, je me suis autorisé à laisser parler l’enfant qui est en moi. L’enfant est libre, spontané et souvent clairvoyant. Il fait ce qu’il a envie, sans se soucier du lendemain. C’est en ce sens que je me suis libéré.

J’ai accepté de laisser s’exprimer mes envies, d’être authentique, vrai  et de donner plus de place à la musique, et de réaliser mes projets.
La naissance de ma fille a été un élément déclencheur, une sorte de révélation.

MPK: Et de quoi rêve l’enfant qui est en toi ? Est-ce qu’il y a un truc que tu aimerais réaliser ? Une salle dans laquelle tu voudrais jouer ?

Oui clairement, j’aimerais vraiment un jour jouer en tête d’affiche dans la rotonde du botanique. On a touché du doigt le Graal en faisant déjà deux premières parties. J’adore le lieu, j’adore la rotonde, et vraiment jouer là-bas, ce serait la consécration.

MPK: Et tu vis de la musique aujourd’hui ?

Je ne vais pas te cacher que dans le contexte actuel, c’est difficile d’être artiste. Je continue toujours mes ateliers photos. Nous commençons à avoir quelques cachets, mais pas de quoi tout laisser tomber à côté.

Et puis, de toi à moi, je n’ai pas non plus envie de laisser tomber la photographie. Elle m’a inspiré le projet et elle continue à m’enrichir chaque jour.

MPK: Je suppose que la musique te prend beaucoup de temps ; à quoi consacres-tu ton temps libre ?

Je n’ai pas de hobby particulier en dehors de la photo, la musique, et ma famille. Mais quand j’aurais du temps, c’est-à-dire pas tout de suite, j’aimerais bien apprendre à jouer du cymbalum, sorte de xylophone à cordes typique de Roumanie.

MPK: Ton dernier coup de cœur musical ou autre ?

Angel Olsen, auteure, compositrice, interprète américaine de folk et de rock .

MPK: Et avant de conclure aurais-tu une adresse où tu aimes aller et pourquoi ?

Le Ci Piace à Saint Gilles pour leur café ; il est à tomber.

Propos recueillis par Lor de Mon p’tit kiosk. Merci à Sherban pour sa collaboration.


Mon p’tit Kiosk a aimé

Note : 5 sur 5.


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